L’éthylotest anti-démarrage, plus connu sous l'acronyme EAD, est devenu un outil central de la politique de sécurité routière en France. Conçu pour empêcher un conducteur ayant consommé de l'alcool de prendre le volant, ce dispositif technique est à la fois une mesure de prévention et une alternative judiciaire à la suspension de permis. Mais comment fonctionne-t-il réellement au quotidien ?
Le principe technique de l'EAD
L'EAD est un éthylotest électronique directement relié au système de démarrage du véhicule. Pour que le moteur puisse se lancer, le conducteur doit souffler dans l'embout. Si le taux d'alcool expiré est supérieur au seuil paramétré (généralement 0,10 mg/l d'air pour les EAD judiciaires), le contacteur reste bloqué et le démarrage est physiquement impossible.
Le dispositif ne se contente pas d'un test initial. Pour éviter qu'un passager sobre ne souffle à la place du conducteur, l'EAD demande aléatoirement un second test de contrôle dans les 5 à 45 minutes suivant le départ. Si ce second souffle est positif ou n'est pas effectué, le véhicule ne s'arrête pas net (pour des raisons de sécurité), mais une alerte sonore retentit et l'incident est enregistré dans la mémoire de l'appareil, consultable par les autorités.
Qui est concerné par l'obligation de l'EAD ?
Il existe trois cas de figure principaux pour l'installation de ce boîtier :
- Les transporteurs de voyageurs : Depuis 2015, tous les autocars de transport en commun de personnes doivent être équipés d'un EAD.
- L'EAD médico-administratif : Sur décision du préfet, un conducteur contrôlé avec un taux délictuel peut être autorisé à conduire uniquement des véhicules équipés d'un EAD, au lieu de subir une suspension totale.
- L'EAD judiciaire : Un juge peut imposer l'installation de ce dispositif pour une durée allant jusqu'à 5 ans, souvent dans le cadre d'une récidive ou d'une composition pénale.
Coûts et contraintes logistiques
L'installation de l'EAD représente une charge financière non négligeable pour le contrevenant. Il faut compter environ 1 300 € pour l'achat de l'appareil ou environ 100 € par mois pour une location, auxquels s'ajoutent les frais de montage et de démontage par un centre agréé. De plus, l'appareil doit être vérifié chaque année pour garantir la précision des cellules de mesure.
Il est important de noter que tenter de contourner l'EAD (en utilisant une pompe à vélo ou en demandant à un tiers de souffler) est un délit sévèrement sanctionné. En cas de fraude, le conducteur risque l'annulation de son permis de conduire et une forte amende, sans compter la confiscation du véhicule.
Conseil de l'expert :
Si vous bénéficiez d'une autorisation de conduite sous EAD, restez vigilant sur votre alimentation. Certains aliments très fermentés ou des bains de bouche à base d'alcool peuvent déclencher un test positif "faux ami" et bloquer votre véhicule. Prévoyez toujours de l'eau pour vous rincer la bouche avant le souffle.