Longtemps réservé à la détection des stupéfiants, le test salivaire s'impose désormais comme une alternative sérieuse et rapide pour le dépistage de l'imprégnation alcoolique. Moins intrusif qu'une prise de sang et parfois plus pratique que l'éthylomètre, ce dispositif repose sur des principes biochimiques précis qui méritent d'être compris par les conducteurs et les professionnels.
Comment l'alcool se retrouve-t-il dans la salive ?
L'alcool est une petite molécule qui traverse très facilement les membranes biologiques par simple diffusion. Dès que l'éthanol est présent dans le sang, il se propage dans tous les fluides corporels, y compris la salive produite par les glandes parotides. Le taux d'alcool dans la salive est d'ailleurs extrêmement corrélé au taux d'alcoolémie sanguin : le ratio est estimé à environ 1:1.
Cela signifie que la salive offre un "reflet" quasi instantané de la concentration d'alcool dans vos veines. Contrairement à l'air expiré, qui peut être faussé par des résidus d'alcool "bouche" juste après avoir bu, la salive nécessite que l'alcool ait commencé son processus de distribution systémique.
Le fonctionnement technique du test
La plupart des tests salivaires utilisent une réaction enzymatique colorimétrique. Un tampon absorbant recueille la salive, qui entre en contact avec une enzyme (l'alcool oxydase). Si l'alcool est présent, une réaction chimique produit un changement de couleur sur une bandelette témoin. La saturation de la couleur indique souvent si le seuil légal (0,5 g/l ou 0,2 g/l) est dépassé.
Avantages et limites de la détection salivaire
Le test alcool salivaire présente des atouts indéniables, notamment dans le cadre de la médecine du travail ou de la prévention en entreprise :
- Hygiène et simplicité : Pas de besoin de souffler fort, ce qui est idéal pour les personnes souffrant de capacités respiratoires réduites.
- Rapidité : Le résultat est généralement obtenu en moins de deux minutes.
- Stabilité : Moins sensible aux facteurs environnementaux (température extérieure) que certains éthylotests électroniques bas de gamme.
Cependant, le test salivaire reste un outil de dépistage et non de mesure légale définitive. En cas de résultat positif lors d'un contrôle de police, une confirmation par éthylomètre ou par analyse de sang reste obligatoire pour dresser un procès-verbal.
La fiabilité face au test d'alcoolémie classique
La fiabilité des tests salivaires modernes dépasse aujourd'hui les 95 %. Toutefois, certaines substances peuvent interférer. Par exemple, l'utilisation de bains de bouche contenant de l'alcool dans les 15 minutes précédant le test peut provoquer un "faux positif" spectaculaire. C'est pourquoi un délai d'attente est toujours préconisé avant d'effectuer la mesure.
Conseil de l'expert :
Si vous utilisez un test salivaire d'auto-dépistage, veillez à ne rien ingérer (boisson, nourriture, cigarette) au moins 10 minutes avant le test. La salive doit être "pure" pour garantir que le changement de couleur reflète bien votre alcoolémie réelle et non un résidu buccal. Notre simulateur Widmark reste un excellent complément pour anticiper ces résultats.
Cadre légal et utilisation en entreprise
En France, l'employeur peut imposer un test d'alcoolémie (salivaire ou éthylotest) uniquement si le règlement intérieur le prévoit et si le poste occupé présente des risques (conduite d'engins, manipulation de produits dangereux). Le salarié a le droit de contester le résultat et de demander une contre-expertise médicale. Le test salivaire est ici plébiscité car il est moins stigmatisant que le "ballon" devant les collègues.