Lendemain de Soirée Logo

Alcool au volant et Assurance : les conséquences financières cachées

Publié le 21/12/2025 (Mis à jour le 22/01/2026)

Que se passe-t-il avec votre assurance après un contrôle positif à l'alcool ? Découvrez les risques de résiliation, les surprimes et la déchéance de garantie.

Lorsque l'on parle d'alcoolémie au volant, on pense immédiatement aux amendes, au retrait de points ou à la suspension du permis de conduire. Pourtant, l'impact le plus lourd sur le long terme se situe souvent ailleurs : auprès de votre compagnie d'assurance. Un simple contrôle positif, même sans accident, peut transformer votre contrat d'assurance auto en un véritable gouffre financier ou, pire, mener à son annulation pure et simple.

La déchéance de garantie : le risque de tout payer soi-même

C'est la clause la plus redoutable des contrats d'assurance. En France, la loi autorise les assureurs à inclure une clause d'exclusion de garantie en cas de conduite sous l'emprise d'un état alcoolique. Si vous provoquez un accident alors que votre taux est supérieur à la limite légale (0,5 g/l ou 0,2 g/l), votre assureur peut activer cette "déchéance de garantie".

Concrètement, cela signifie que si l'assureur continuera d'indemniser les victimes tierces (au titre de la Responsabilité Civile obligatoire), il se retournera contre vous pour obtenir le remboursement intégral des sommes versées. Si les dommages corporels sont graves, les sommes peuvent atteindre des centaines de milliers, voire des millions d'euros, que vous devrez rembourser sur vos propres deniers, parfois toute votre vie.

De plus, vos propres dommages ne seront pas couverts. Votre véhicule est détruit ? Vous êtes blessé ? L'assurance ne versera aucune indemnité pour vos réparations ou vos frais de soins personnels (Garantie Conducteur), car l'alcool constitue une faute lourde qui annule ces protections optionnelles.

La résiliation du contrat pour "Aggravation du Risque"

Même sans accident, si vous informez votre assureur d'une suspension de permis pour alcoolémie (ce qui est une obligation contractuelle), celui-ci a le droit de résilier votre contrat sous 30 jours. Vous vous retrouvez alors inscrit au fichier central de l'AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) en tant que "conducteur résilié".

Retrouver un assureur après une résiliation pour alcool est un parcours du combattant. Les compagnies classiques refuseront systématiquement votre dossier. Vous devrez alors vous tourner vers des assureurs spécialisés "risques aggravés" dont les tarifs sont prohibitifs, avec des surprimes pouvant atteindre 150 % à 400 % du tarif normal.

Les surprimes : le coût sur la durée

Si votre assureur accepte de vous garder, il appliquera une surprime légale encadrée par le Code des Assurances :

  • 150 % de majoration si vous avez été contrôlé positif sans accident.
  • 400 % de majoration en cas de récidive ou si l'alcoolémie est couplée à une autre infraction (grand excès de vitesse, délit de fuite).

Cette majoration s'applique sur plusieurs années. Mathématiquement, un conducteur qui payait 800 € par an peut voir sa prime bondir à 2 000 € ou 3 000 € par an, et ce pendant les 3 à 5 années suivant l'infraction. Le coût total de l'imprudence dépasse alors largement le montant de l'amende pénale.

Conseil de l'expert :

Ne cachez jamais une suspension de permis à votre assureur. En cas de sinistre ultérieur, s'il découvre que vous avez omis de déclarer votre retrait de points pour alcoolémie, il pourra invoquer la nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle. Vous seriez alors considéré comme non-assuré, avec toutes les conséquences pénales et financières que cela implique.

FAQ : Alcool et Assurance

Est-ce que l'assurance fonctionne si je prête ma voiture à quelqu'un qui boit ?

C'est un risque majeur. Si vous prêtez votre véhicule et que l'emprunteur commet un accident sous l'emprise de l'alcool, l'assureur peut refuser de couvrir les dégâts matériels du véhicule. Votre responsabilité peut même être engagée si vous saviez que la personne n'était pas sobre.

Combien de temps l'infraction reste-t-elle visible pour les assureurs ?

Les assureurs demandent généralement un relevé d'information sur les 3 ou 5 dernières années. Une fois ce délai passé sans nouvel incident, vous pouvez espérer un retour à des tarifs standards, mais l'historique peut laisser des traces dans certains fichiers internes.

Conclusion : Un calcul financier perdant

Si l'on additionne l'amende (135 € à 4 500 €), le coût du stage de récupération de points (250 €), les frais d'avocat éventuels (1 000 € à 3 000 €) et surtout la surprime d'assurance sur 3 ans (environ 4 000 € de surplus), un seul verre de trop peut coûter plus de 8 000 € à un conducteur. Utiliser un simulateur d'alcoolémie pour s'assurer d'un retour à zéro avant de conduire n'est pas seulement une question de sécurité, c'est aussi une décision financièrement responsable.

📚 D'autres conseils dans Droit & Sécurité Routière