Alcool et sport : peut-on vraiment "éliminer" par la transpiration ?
C’est une idée reçue qui a la vie dure dans les vestiaires : une bonne séance de sudation permettrait de "nettoyer" le sang après un excès. Si l'intention est louable, la physiologie humaine, elle, raconte une toute autre histoire. Faire du sport pour éliminer l'alcool est non seulement inefficace, mais peut s'avérer dangereux.
Le foie, seul maître à bord
Comme l'explique notre simulateur basé sur la formule de Widmark, l'élimination de l'alcool repose quasi exclusivement sur le travail enzymatique du foie (environ 95%). La sueur, l'urine et la respiration ne représentent qu'une part infime, de l'ordre de 2 à 5%. Courir un marathon n'accélérera pas le métabolisme de votre foie de manière significative. Vous perdrez de l'eau, mais pas l'éthanol qui circule dans vos veines.
Les risques de la séance "lendemain de soirée"
Pratiquer une activité physique intense avec un taux d'alcoolémie positif, ou juste après un pic, expose votre corps à plusieurs risques majeurs :
- La déshydratation sévère : L'alcool est diurétique. Le sport vous fait perdre encore plus de liquides. Ce combo est la recette idéale pour les crampes et les malaises.
- Le risque de blessure : L'alcool altère la proprioception (la perception de votre corps dans l'espace) et la coordination. Une cheville foulée est bien plus vite arrivée.
- La baisse de performance : L'alcool bloque la production de glucose par le foie, votre carburant principal. Vos muscles tournent à vide.
Que faire à la place ?
Si vous ressentez le besoin de bouger, privilégiez une marche active au grand air. Cela favorise la circulation sanguine et l'oxygénation sans stresser un organisme déjà occupé à gérer les toxines. Gardez vos séances de haute intensité pour le moment où votre simulateur affichera un retour complet à la normale et où vous aurez retrouvé une hydratation optimale.