Il arrive parfois qu'un conducteur soit stupéfait de voir un éthylotest virer au positif alors qu'il n'a pas consommé la moindre goutte d'alcool. Si ces cas de "faux positifs" sont rares grâce à la précision des éthylomètres modernes, ils ne sont pas impossibles. Comprendre quelles substances ou pathologies peuvent interférer avec les tests d'alcoolémie est essentiel pour faire valoir ses droits.
L'alcool buccal : le piège des produits d'hygiène
La cause la plus fréquente d'un résultat erroné à l'éthylotest est la présence d'alcool résiduel dans la cavité buccale. Certains produits du quotidien contiennent des concentrations d'éthanol non négligeables :
- Les bains de bouche : Beaucoup contiennent jusqu'à 20 % d'alcool. Si vous en utilisez juste avant de prendre le volant, l'air expiré sera saturé de vapeurs d'éthanol, même si votre sang est à 0.
- Les sprays buccaux : Utilisés pour l'haleine ou pour soigner des maux de gorge, ils peuvent déclencher un positif immédiat.
- Les médicaments liquides : Certains sirops contre la toux ou teintures mères utilisent l'alcool comme solvant.
C'est pour cette raison que la procédure légale impose d'attendre 15 à 20 minutes entre le moment où vous êtes arrêté et le souffle dans l'éthylomètre. Ce délai permet à l'alcool "bouche" de s'évaporer totalement.
Le cas rare du syndrome d'auto-brasserie (Auto-Brewery Syndrome)
C'est une curiosité médicale fascinante et documentée devant les tribunaux. Certaines personnes souffrent d'une prolifération de levures (comme Saccharomyces cerevisiae) dans leur système digestif. Ces levures transforment les glucides et les sucres consommés lors des repas en éthanol directement à l'intérieur de l'intestin.
Ces patients peuvent présenter des taux d'alcoolémie de 1,0 g/l ou plus sans avoir bu. Si vous êtes victime de ce syndrome, seul un examen médical approfondi et une analyse de sang pourront prouver votre bonne foi. Plusieurs cas célèbres ont vu des conducteurs relaxés par la justice après avoir démontré qu'ils produisaient leur propre alcool de manière endogène.
L'acétone et les régimes cétogènes
Les éthylotests de première génération ou certains appareils électroniques bas de gamme peuvent confondre l'éthanol avec d'autres molécules chimiques, notamment l'acétone. Les personnes souffrant de diabète non équilibré ou celles suivant un régime "Keto" (très pauvre en glucides) produisent des corps cétoniques expulsés par l'haleine.
Bien que les éthylomètres de la gendarmerie soient équipés de capteurs à infrarouges capables de distinguer l'acétone de l'éthanol, un éthylotest électronique personnel de mauvaise qualité pourrait vous donner un faux positif alarmant si vous êtes en état de cétose.
Conseil de l'expert :
Si vous savez que vous venez d'utiliser un spray ou un bain de bouche, signalez-le immédiatement aux forces de l'ordre avant de souffler. Ils sont tenus d'attendre le délai réglementaire. En cas de doute persistant sur un "faux positif", exigez systématiquement une prise de sang : c'est la seule preuve irréfutable qui fera foi devant un tribunal.
FAQ : Interférences et tests
Est-ce que manger des fruits mûrs peut me rendre positif ?
En théorie, un fruit très fermenté contient des traces d'alcool, mais les quantités sont si infimes qu'il faudrait en consommer des kilos pour atteindre le seuil de 0,5 g/l. Cela ne constitue pas une excuse valable devant la loi.
La fumée de cigarette influence-t-elle l'éthylotest ?
La fumée peut endommager les capteurs de certains appareils électroniques, mais elle ne contient pas de molécules provoquant un faux positif d'alcoolémie. Cependant, il est interdit de fumer juste avant de souffler dans l'appareil pour ne pas fausser la mesure d'air alvéolaire.
Conclusion : La fiabilité reste la règle
Malgré ces exceptions notables, les tests d'alcoolémie actuels sont extrêmement fiables. Dans 99 % des cas, un résultat positif reflète une consommation réelle d'alcool. Notre simulateur, basé sur la physiologie humaine, vous permet justement d'éviter ces situations stressantes en calculant précisément votre état réel avant de vous soumettre au verdict de l'appareil.